CYCLISME: comment obtenir un développement complet du jeune cycliste ?

Encore un nouvel épisode d’une histoire sans fin, pire ou mieux que Star Wars: que peut-on faire avec un jeune cycliste!

On sait donc que vouloir axer un entrainement sur une unique qualité génère un « trou » dans le jeu du cycliste : endurant mais lent, rapide mais peu de temps, fort mais incapable de varier son braquet.

Pour expliquer cela, il faut garder en tête que le corps humain utilise toutes les stimulations pour s’adapter et dans le cas du cyclisme, s’adapter vers plus de performance.

PLATONOV écrit : « L’adaptation est un processus d’accoutumance de l’organisme aux contraintes du milieu dans lequel il évolue. Les stimuli de l’entraînement sollicitent une réaction organique, psychique et affective, une adaptation vers plus de performance. »

Il faut donc comprendre que certains entraînements sont complémentaires entre eux pour en tirer la quintessence et qu’aucune qualité n’est acquise ad vitam aeternam : le concept de polarisation de l’entrainement s’appuie sur cette réalité et l’entretien du socle foncier ou de la force sont une nécessité permanente.

Un entraînement bien construit génère de la fatigue qui engendre, à son tour, des adaptations vers plus de performance :

  • Augmentation de la densité de fibres lentes de type 1,
  • Augmentation de la perfusion sanguine des fibres musculaires,
  • Augmentation de l’apport en nutriments de types glucides et lipides,
  • Augmentation de l’activité enzymatique générant la création des mitochondries,
  • Augmentation des capacités de contraction dans le muscle,
  • Augmentation des capacités d’utilisation de l’oxygène sur des efforts proches du maximum.

Les travaux de Stephen SEILER de l’Université d’Agder en Norvège ont défini une organisation « gagnante » des efforts, même chez des sportifs très entraînés. Alors que Sally EDWARDS[1] avait décidé de compartimenter l’effort autour de cinq zones, SEILER ne se réfère plus qu’à trois intensités.

En effet, l’analyse de préparations « victorieuses » en ski de fond, aviron, marathon a montré que ces dernières étaient organisées de la manière suivante :

  • 75 % du temps d’entraînement au-dessous de SV1 (« low lactate zone »),
  • 15-20 % au-dessus de SV2 (« lactate accomodation zone »),
  • 5-10 % entre SV1 et SV2 (« lactate accumulation zone »).

Il peut paraître étonnant de passer la majorité du temps d’entraînement à une allure inférieure à son allure de course, mais cette polarisation autour des zones d’effort #1 et #3 est encore le meilleur moyen d’optimiser le potentiel énergétique sur le long terme.

Bien sûr, on peut se demander si l’entrainement d’un jeune sportif demande une telle précision mais en fait, il en va de la crédibilité de l’entraineur. La précision que vous apportez au suivi de la charge d’entrainement d’un jeune sportif compétiteur vous permet 2 choses :

  • Éviter le surentrainement sur un organisme déjà bien stimulé quotidiennement,
  • Montrez à ce jeune sportif que vous êtes à 200% avec lui et ainsi, vous pouvez lui demander le même sérieux : l’entraineur est un modèle !
[1]Edwards S. - The Heart Rate Monitor Book. Edwards, ed. Feet Fleet Press.

Laisser un commentaire