CYCLISME: construire un bloc d’entrainement pour UNE cycliste

C’est ici qu’une connaissance plus fine de l’impact des variations hormonales devient nécessaire pour ne pas rester uniquement sur la gestion improvisée de douleurs abdominales prémenstruelles et de saignements (ce qui a été mon cas très longtemps, il ne faut pas le nier).

La récente victoire de l’équipe US de football lors de la Coupe du Monde a mis en lumière l’individualisation des exercices, de l’alimentation de chacune des joueuses selon la période du cycle menstruel. La chercheuse anglaise Georgie Bruinvels a activement participé aux performances en conseillant le staff technique pour gérer au mieux une longue préparation et une toute aussi longue compétition.

Reprenons la chronologie d’un cycle menstruel pour comprendre le fonctionnement cyclique du système hormonal féminin : un cycle menstruel dure 28 jours pour la majorité des femmes et à partir du moment où elles prennent une contraception orale.

Les premiers 14 jours correspondent à une phase dite pré-ovulatoire où la libération d’œstrogène est importante : cette hormone agit aussi bien sur le cerveau (humeur) que sur le système osseux.

En parallèle, cette phase aussi appelée folliculaire voit la sécrétion de testostérone maximisée avec les effets euphorisants et anaboliques connus. On remarque aussi que l’organisme fonctionne plus facilement autour des sucres. A garder en tête au moment d’insérer les contenus dans une séance.

Au 14èmejour, il s’agit de l’ovulation, générant parfois une baisse de l’état de forme et notamment un impact sur la souplesse ligamentaire. En cyclisme sur route ou sur piste, hormis durant une séance de préparation physique, le risque d’entorse est faible mais pour les vttistes et les cyclo-cross women qui posent les pieds au sol sur un terrain chaotique, c’est une autre histoire. On retient aussi!

Les 14 derniers jours ou phase lutéale est marquée par la sécrétion marquée de progestérone qui a un rôle inévitable dans la fertilité féminine par l’entretien de l’endomètre qui sera le siège du futur embryon par exemple. Des recherches ont aussi remarqué que la consommation de lipides et le fonctionnement cardiaque étaient optimisé.

La température interne augmente légèrement (37,2°c le matin…) car le métabolisme basal est plus élevé et donc les besoins énergétiques le sont aussi. Encore une fois, ce sont des caractéristiques qui influenceront le contenu des séances.

Idées de contenu de séances à l’échelle d’un cycle menstruel :

Si la force maximale ne varie pas au long du cycle, la capacité à assimiler ce type d’exercice serait un peu plus importante durant la 1ère phase d’un cycle menstruel avec une meilleure protections contre les dommages musculaire, particulièrement marqués avec les techniques de développement de certaines qualités musculaires.

La seconde partie du cycle menstruel serait plutôt le siège de séances d’endurance à basse intensité ou de séances intenses comportant des aménagements sur la quantité et/ou les durées et modalités de récupération.

Cela rend passionnant la gestion de l’entrainement d’une femme car, en comparaison avec un homme, les variables d’ajustement sont énormes!

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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