CYCLISME: Développement à long terme d’un ou une cycliste

En tout état de cause, aujourd’hui, on prépare un futur Junior ou Espoir dès la catégorie Minime et le cyclisme ne commence plus à 15 ans!

Nous pouvons donc envisager une progression théorique du volume d’entrainement. L’angle d’attaque peut être la « sortie longue » ; nous pourrions imaginer :

  • Minime 2 : 2 sorties longues (80kms) avec un arrêt central (une en hiver, une en été),
  • Cadet 1 : 5 sorties longues (entre 80 et 100kms) dans l’année,
  • Cadet 2 : 8 à 10 sorties longues dans l’année (entre 90 et 120kms et D+ variable). 

Ainsi, on crée une base foncière importante qui permettra à un Junior d’enchainer 2 fois par mois, par exemple, sur un mode « Long Slow Distance Training » et ainsi assimiler les courses plus longues à plus haute intensité.

Une fois que nous nous sommes intéressés à la base foncière, nous pouvons réfléchir à la progressivité selon la catégorie des séances HIT. Comme nous l’avons évoqué précédemment, rien n’interdit de faire réaliser des efforts courts et intenses espacés de séquences de récupération dès le plus jeune âge. 

Il y a un intérêt physiologique qu’on enrobera de jeu pour les plus jeunes puis à partir de la catégorie Minime, on pourra aborder l’entrainement pur et dur. Il va de soi que, quelque soit l’âge, le caractère ludique peut permettre au sportif de se challenger (fractionné à 2, CLM par équipe…). 

Nous pourrions imaginer :

  • Minime : 1 séance hebdomadaire autour d’effort court / court afin de comprendre le mécanisme « effort / contre-effort ».

En parallèle, cette catégorie est souvent le siège de la puberté donc de gain de force marqué par une hausse tout aussi marquée de la testostérone chez les garçons. Les relances régulières sur un effort fractionné auront un impact cardio-vasculaire et bien sûr, musculaire. 

  • Cadet : selon le volume d’entrainement hebdomadaire, on pourra poursuivre le travail de stimulation de PMA mais avec l’apparition de plus en plus courante d’épreuves CLM, on viendra aussi stimuler la zone #2 (cf travaux de Seiler) ou Lactate Accommodation Zone.

Il s’agit d’un apprentissage au maintien d’intensité élevée sur une longue durée et l’apport d’information d’un capteur de puissance facilite la régularité de l’effort.

Dans ces efforts à dominante lactique, on stimule le moteur anaérobie pour produire un maximum d’énergie même si cela génère une production de lactate. Ces lactactes par la répétition des sommations, l’organisme apprend à les recycler pour en tirer un bénéfice énergétique. 

  • Junior : une grosse partie du travail de PMA est maitrisée, les efforts en Zone #2 ont été abordés. Il convient de maîtriser en course ce type d’effort. 

Par expérience, je tiens à préciser que tous les sportifs ne réagissent pas de la même manière à un stimuli et si la polarisation des efforts tourne autour des valeurs ci-dessous, ces données ne sont pas inscrites dans le marbre. 

  • 75 % du temps d’entraînement au-dessous de SV1 (« low lactate zone »),
  • 15-20 % au-dessus de SV2 (« lactate accomodation zone »),
  • 5-10 % entre SV1 et SV2 (« lactate accumulation zone »).

Certains sportifs progressent très vite avec des efforts court-court, sans générer de baisse marquée de l’état de forme, d’autres seront exténués par des efforts entre les 2 seuils et il sera difficile d’en tirer quelque chose à l’entrainement suivant. Donc les préconisations données ci-dessus demandent une observation de la part de l’entraineur, un échange avec le cycliste et une analyse des données de type FC ou puissance pour observer comment évolue le sportif selon le type d’effort effectué. 

Ainsi, les efforts de type CLM peuvent prendre du temps à être installé, compris et assimilé car on ne peut les répéter chaque semaine. 

Je n’aborde pas forcément le côté « pilotage » du vélo qui est essentiellement le domaine de l’école de cyclisme mais sur le terrain, on observe que des allers et retours sont nécessaires par manque de pratique ou suite à une chute générant de l’appréhension. 

La préparation physique chez le jeune sportif:

Un dernier point est à aborder et a été mis en forme par 2 préparateurs physiques, Alexandre DURGUERIAN et Julien TAILLARD : créer une approche du conditionnement physique pour être un athlète avant d’être un cycliste. 

C’est une démarche à long terme qui portera ses fruits d’autant plus facilement qu’elle est engagée tôt !

Alexandre DURGUERIAN et Julien TAILLARD ont imaginé :

  • Minime et Cade: Mise en place d’un apprentissage postural et technique ; on apprend à s’entrainer en privilégiant la qualité du mouvement à la quantité. 
  • Junior : On poursuit l’éducation à la préparation physique mais on cherche de plus en plus à développer les qualités spécifiques au cycliste à partir du moment où les mouvements sont bien réalisés. 

A partir d’évaluation continue, on valide le fait que les jeunes sportifs maîtrisent les nouveaux gestes même avec la fatigue et peuvent progressivement se protéger contre la blessure puis créer une base de force. 

Au-delà de la catégorie Junior, toujours selon le degré de maitrise, il pourra être engager un développement de la puissance et de l’explosivité avec des gestes à haute intensité et complexes. Malheureusement, on remarque que les programmes de courses très (trop) denses peuvent être un frein à un entraînement physique continue sur la saison. 

On remarque que la réalité de terrain, les croyances, pratiques « ancestrales », parfois l’organisation fédérale limitent la mise en place d’un développement à long terme, sur des bases saines. Évoluant principalement dans le domaine du cyclisme féminin, la prise en compte des spécificités de la jeune fille puis de la femme est encore très éloignée des préoccupations fédérales. 

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