CYCLISME: Entrainer un jeune cycliste

Que peut-on faire avec un jeune cycliste sur route ou un jeune vttiste de moins de 10 ans ?

Quelques observations du comportement d’un enfant de moins de 10 ans amènent à rapidement comprendre la démarche à mettre en œuvre pour l’aider à progresser sur son vélo sachant que les demandes compétitives sont limitées à des efforts de 5 à 8’ maximum à cet âge.

Un enfant de moins de 10 ans :

  • Reste grossier dans ses gestes : il n’a pas forcément une image de son corps en mouvement très développée.
  • Peut-être craintif face à l’inconnu : le fait d’être avec un éducateur inconnu, le fait de découvrir un nouveau lieu peut être une raison de forte anxiété.
  • Possède une capacité de concentration limitée : en pratique, on remarque que 5 à 10 minutes d’attention sur un même « jeu » est déjà encourageant.
  • Ne vient pas faire un entraînement, il vient jouer avec son vélo et voir ses copain(e)s.

Dés lors, même si l’éducateur cherche l’acquisition d’une qualité précise car il réfléchit comme un adulte, l’enfant ne doit y voir qu’un jeu, une découverte ! Là où des sportifs aguerris réaliseraient une séance de fractionné, l’éducateur proposera un relai !

Là où le cycliste chevronné développera sa force avec un pédalage lent, l’éducateur proposera de comprendre comment choisir le bon développement sur son vélo face à une pente : on essaye avec un braquet trop gros pour un pédalage en force, on essaye avec un braquet trop petit pour ressentir le pédalage en vélocité. 

Là où le compétiteur cherchera à faire des kilomètres pour entretenir son endurance, l’éducateur proposera de passer d’une zone de jeu à une autre en faisant évoluer les durées d’effort sans repos selon les capacités du moment. 

En définitive, l’encadrant peut avoir une ambition physiologique ou technique pour l’enfant mais il conviendra d’enrober les modalités de développement d’une dose importante de jeu. D’ailleurs, les compétitions de très jeunes cyclistes proposent des activités relativement adaptées au très jeune public. 

Que peut-on faire avec un cycliste sur route ou un vttiste de 11 à 17 ans ?

Il est toujours délicat de donner des tranches d’âges car nous l’avons tous observé, dans un groupe d’enfants, nous aurons des enfants en retard sur leur croissance, d’autres auront physiquement 12 à 24 mois d’avance.

De la même manière, certains petits sportifs se trouvent emprisonnés dans un corps qu’ils ne maîtrisent pas à cause de la croissance et perdent en précision gestuelle ou en endurance générale. 

En marquant cette différence sur l’âge, il s’agit d’un moyen de marquer le fait que nous sommes moins dans l’amusement et de plus en plus dans la recherche de performance.

Un cycliste à la puberté et après :

  • Un corps qui n’est pas stabilisé de pic de croissance en crise pubertaire.
  • Une volonté de plus en plus affirmée entre une pratique loisir du cycliste et une pratique compétitive.
  • Une capacité et parfois une demande à comprendre pourquoi : pourquoi fait-on telle chose ? Pourquoi est-ce que je ressens telle sensation à l’effort ?

L’éducateur devient un peu plus entraineur et va devoir jongler entre les capacités des sportifs et les demandes en compétition parfois totalement inadaptées malheureusement. En effet, comme cette séparation des âges qui j’utilise dans cet article, les catégories d’âge, les distances de course, notamment pour les cyclistes féminines sont souvent contre-productives, nous y reviendrons prochainement. 

Autour de la crise pubertaire, nous entrons dans une volonté de construire car les bases gestuelles de conduite, de pilotage, de maniement du vélo sont acquises :

  • Nous construisons une endurance fondamentale avec l’intégration progressive de notion de bioénergétique.
  • Nous construisons une puissance maximale avec l’apprentissage des modalités d’efforts fractionnés.
  • Nous construisons une force de pédalage en mêlant peut-être cyclisme et préparation physique.

Si on est dans de l’entrainement pur et dur, la capacité à animer joyeusement une séance de la part de l’entraineur permet de mieux faire passer la difficulté de l’effort. 

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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