CYCLISME: Que peut faire un jeune cycliste à l’entrainement ? (2)

L’enfant n’est pas fait pour certaines sollicitations physiques ?

Weineck a émis l’hypothèse que le fonctionnement lactique pouvait être dangereux pour la santé de l’enfant en développement et que le pouvoir tampon permettant le recyclage des lactates ne fonctionnait pas.

Mes professeurs d’université, mes lectures m’expliquaient que les efforts utilisant la filière anaérobie lactique étaient, ou dangereux, ou inutiles avant la puberté. Il était entendu que les éléments permettant le fonctionnement de la glycolyse anaérobie n’était pas mature.

Donc en tant que jeune entraineur, j’ai mis ce pan de la préparation de côté pendant un temps. Mais miné par l’envie d’essayer de gagner du temps, par le fait que déterminer le point de bascule de la puberté n’est pas aisé à définir et par l’observation de jeunes en compétition, j’intégrais malgré tout, de manière parcimonieuse, des touches d’efforts HIT. En effet, lorsqu’on regarde des enfants jouer au foot, au hockey, faire du skating en compétition, personne ne s’offusque de l’engagement physique des petits compétiteurs.

En tombant sur un rapide article de ClaireThomas-Junius, Maitre de Conférences à l’UFR STAPS d’Evry, on se rend rapidement compte que les raccourcis et idées préconçues ont pris le pas dans l’entrainement des jeunes sportifs.

Pour résumer cet article et aller plus loin dans la compréhension du cyclisme chez les jeunes catégories, voici quelques points intéressants associés à des questionnements :

  • la concentration en glycogène musculaire au repos est plus faible chez l’enfant
    que chez l’adulte mais pas limitante dans le fonctionnement anaérobie lactique (Eriksson and Saltin, 1974) : les mesures sont-elles relatives au poids de corps du sportif ou sont-elles des mesures absolues ?
  • la concentration maximale de lactate sanguin est plus faible chez l’enfant à l’issue d’un exercice maximal : pour quelles raisons ? L’enfant en produit-il moins ou recycle-t-il rapidement ?

Par différentes mesures, Tonson and coll. ont montré que la filière anaérobie était bien fonctionnelle chez l’enfant. De la même manière, est-ce une mesure relative au poids de corps ou absolue ?

  • sur des répétitions de sprint avant la puberté, Ratel et coll. observent une dérive de la performance très faible et que les temps de récupération sont plus courts en comparaison des adultes. Pourtant, l’usage de la phospho-créatine est plus faible chez l’enfant.
  • Les efforts sont également ressentis comme plus facile par les enfants que par les adultes (Ratel et coll. 2004)

Pour lire l’article original : https://www.valdemarne.fr/newsletters/lettre-sport-sante-et-preparation-physique/les-efforts-intenses-sont-ils-dangereux-pour-les-enfants.

Au final, les croyances et traditions que nous avons dans l’entrainement sont rapidement mises à mal par des observations simples du fonctionnement énergétique du jeune sportif. En pratique, l’enfant fonctionne quasiment comme un adulte mais est-il opportun :

  • De faire des footings longs présents dans les préparations marathon lorsqu’on a 10 ans ? Des séries de 400, 600 ou 800m ?
  • De faire des exercices de musculation avec des charges importantes ?
  • De nager des séances sur des bases de 30, 40 ou 50 x 100m ?
  • De rouler 100kms à 10 ans ?

Nous sommes déjà dans la réflexion du développement à long terme du sportif où nous cherchons à développer physiquement, techniquement le jeune sportif sans porter atteinte au réservoir de motivation.

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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