CYCLISME – TRI: pourquoi utiliser un capteur de puissance?

On m’interroge souvent sur l’intérêt d’un capteur de puissance lorsqu’on utilise déjà un cardio-fréquencemètre: essayons d’y voir plus clair sur le sujet. 

Nous avons tous un compteur de vitesse ou un cardiofréquencemètre que nous utilisons lors de nos sorties cyclistes. Le revers de la médaille est que les données enregistrées avec ces petits ordinateurs de bord ne sont pas assez représentatives de l’effort réalisé ou peu lisibles. 

On imagine clairement qu’une sortie sur un profil descendant engendre peu de fatigue par rapport au même parcours en sens montant. La vitesse est influencée par le dénivelé, mais aussi le vent ou la présence d’un peloton. La comparaison d’une vitesse moyenne sur un parcours type est donc peu pertinente. Pourtant, c’est une habitude régulière des cyclistes et des triathlètes, de se comparer sur leur côte fétiche (merci les segments Strava!!). 

Quant à la fréquence cardiaque, elle est influencée par de nombreux facteurs mais c’est vrai au même titre que la puissance :

  • le manque de sommeil,
  • la déshydratation,
  • la dynamique de course (effort constant ou relances régulières),
  • l’altitude. 

L’impact de la fatigue ou la déshydratation se perçoivent souvent dès le réveil, avec une sensation de jambes lourdes et, lorsque l’on peut la mesurer, une fréquence cardiaque au réveil plus élevée qu’à l’accoutumée.

Du point de vue des dynamiques de course, on observe aussi régulièrement que pour une même FC moyenne, la fatigue engendrée sur le plan central (fatigue nerveuse et cardiaque) et périphérique (fatigue musculaire) est totalement différente entre un effort CLM et une course en peloton par exemple: les fréquentes relances en peloton laissent des traces. 

La puissance, elle, est une donnée plus stable dans le temps pour être utilisée de manière clairement quantifiable et régulière. Pour faire simple, la puissance est la force appliquée par nos jambes pour propulser le vélo. À une demande énergétique donnée sera liée une puissance. Les données de puissance permettent de juger de l’engagement du sportif sur le vélo pendant son effort.

Bien sûr, une puissance est influencée par les mêmes facteurs qu’une fréquence cardiaque mais à un degré moindre et surtout sans inertie : c’est entendu que c’est toujours le cœur qui permet aux jambes de tourner. Mais la stabilité de la mesure dans le temps permet une utilisation sur le vélo en plein effort et donc d’évaluer l’impact de chaque facteur de manière individuelle :

  • le manque de sommeil et la déshydratation va impacter de X% ma puissance,
  • l’altitude au-dessus de 1000m, 1500m, 2000m ou 2500m va impacter ma puissance de X%.
  • le type d’effort (comment quantifier l’effort sur un sprint? La FC aura-t-elle le temps de bouger?)

Pour me prendre comme exemple, sillonnant les cols autour du Mont Blanc en vtt:

  • je sais que je suis capable de grimper un col long mais bas (oui ça existe, en partant de de 0m d’altitude pour finir à 1000m par exemple) à 230-240watts pendants 2h00. 
  • par contre, je sais que je suis capable de grimper un col long mais haut (en partant de 1400m d’altitude pour finir à 2400m par exemple) à seulement 200 watts sur la même durée d’effort. L’altitude entrave ma performance. 
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La puissance est plus facilement utilisable durant l’effort, dans la réflexion sur la stratégie d’allure (en CLM ou en triathlon) et a posteriori, dans l’analyse de l’effort. 

Grâce à la mesure de la puissance, nous pouvons suivre la progression d’un sportif durant la saison, observer la variation de l’état de forme de manière précise et, ainsi, optimiser les entraînements et les compétitions. Il s’agit du Profil de Puissance Record (PPR) créé par Frédéric GRAPPE et Julien PINOT dont nous parlerons la semaine prochaine.

Malgré tout, il convient de garder un oeil sur sa fréquence cardiaque ou ses sensations d’essoufflement car je vous le rappelle, le coeur est encore un des tous premiers maillons de la chaine qui nous permet d’écraser les pédales: on peut être capable de maintenir une puissance dite “accessible” mais parfois au prix d’un impact énergétique marqué.

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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