Cyclisme-tri: réflexion autour du profil de puissance.

Selon la pratique du cycliste, on pourra s’interroger sur la pertinence de la démarche de développement au regard des résultats compilés sur un Profil de Puissance Record.

Dans le cas d’un triathlète longue distance, l’évolution positive de la puissance sur des intervalles très courts est-elle intéressante ? Pas forcément, mais la performance sur des intervalles longs montrent une construction positive de l’entraînement. Le propre du triathlète n’est-il pas de rouler de manière régulière et rapide ?

Dans le cas d’un vttiste, aura-t-on intérêt à valider une forte progression de la puissance sur des intervalles de 2 ou 3h (hors pratique marathon) alors que les puissances sur 5’’ ou 10’’ n’évolue pas ? Un des piliers de performance en xco est d’avoir une capacité à générer de haute puissance pour passer un talus, une zone technique raide ou chaotique sans perdre le contrôle du vélo.

Sur les graphiques présentés la semaine dernière, nous n’observons pas une belle courbe et ce n’est pas un idéal à rechercher. Selon les qualités du cycliste et les caractéristiques de sa pratique (route, xco, cx, xc marathon, piste, bmx), on mettra la priorité de développement sur certains efforts.

Par exemple :

Comme Julien PINOT le fait remarquer, le PPR est la signature physiologique du cycliste ou du triathlète.Mais il faudra bien marquer des différences entre les puissances records obtenues :

  • lors d’un test d’effort,
  • lors d’un entrainement,
  • lors d’une course.

Je remarque que les puissances records pour des durées de 10 à 60’ sont souvent obtenues en course alors qu’un test d’effort me permettra d’obtenir plus facilement les valeurs sur 2 à 6’ de manière sûre.

En course, un cycliste ne pourra peut-être pas exprimer son potentiel maximal sur un sprint car il aura accumulé de la fatigue dans les premiers kilomètres de course; donc mettre en place un test de Pmax (Puissance Maximale) en dehors de tout contexte de compétition peut être pertinent.

Petite différence avec la démarche en triathlon, principalement sur les épreuves de longue distance : un triathlète LD en compétition est en recherche de la puissance maximale en rapport avec la distance de course (comme tous les compétiteurs à vélo) mais aussi lui permettant d’exprimer au mieux son potentiel pour la partie pédestre.

Si sur une épreuve de courte distance, il y a relativement peu de gestion d’effort, pour une distance Ironman, la problématique est un peu différente si on envisage un marathon intégralement couru (peut-être pas très vite mais couru de bout en bout).

C’était d’ailleurs un grand débat pour un Ironman : la différence de vitesse en course à pied entre un triathlète frais et un triathlète fatigué est-elle si importante qu’on doive se gérer à vélo ?

  • Si oui, gérons notre effort à vélo pour courir vite car je gagnerai plus de temps sur le marathon.
  • Si non, roulons les 180kms à vélo à tombeau ouvert pour creuser des écarts avec la concurrence et serrons les dents à pied.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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