CYCLISME – TRIATHLON: puissance critique, la fin.

Reprenons notre réflexion sur la puissance critique et/ou l’usage de FTP comme base de construction de l’entrainement par la puissance.

La relation mathématique de Coggan se heurte à la réalité du fonctionnement humain, son caractère unique. Nous avions débuté cette démonstration avec 4 questions:

  1. Quelles sont nos capacités à mobiliser une force importante et à utiliser nos réserves de Créatine-Phosphate sur les efforts de sprints ?
  2. Quelle est la cinétique de notre lactatémie ? Du recyclage de la production de lactate 
  3. Quel est notre rapport d’utilisation lipide / glucide sur des efforts de longue durée ?
  4. Quelle est l’efficience motrice du pédalage de chacun des sportifs entrainés ?

La semaine dernière, nous avons répondu aux 2 premières questions; poursuivons nos échanges.

Concernant la réponse à la question #3 : nous savons que la filière aérobie tourne autour des glucides mais nous savons aussi que les réserves sont limitées : l’épuisement du glycogène musculaire intervient après environ 90 min d’exercice à 75% de la VO2 max ou après environ 4 h à 55%.

En parallèle, les lipides dont les triglycérides au niveau musculaire sont dégradés et permettent la production d’énergie au niveau mitochondrial.

On sait aujourd’hui que la capacité de stockage du glycogène dans le foie est liée au niveau d’entrainement et on imagine bien qu’un triathlète s’entrainant 8h/semaine dispose de qualités moindres qu’un sportif professionnel à 25 heures hebdomadaires. 

Petite aparté, c’est là qu’on comprend rapidement que les capacités du corps humain à assimiler une augmentation soudaine de la charge d’entrainement sont limitées et que cela demande de la progressivité. 

Revenons à notre capacité à métaboliser les lipides dans le fonctionnement aérobie : la condition sine qua non pour utiliser les graisses est d’avoir une intensité d’effort faible (-50% de VO2 soit +/- 50% de PMA). 

Grâce à l’entrainement, nous augmenterons notre PMA, nous élèverons de fait nos puissances aux différents seuils et donc par ruissellement, notre allure de croisière : rappelez-vous ses sorties longues en queue de peloton, priant pour que l’allure n’accélère pas ! Grâce à votre persévérance à l’effort, votre position dans le peloton a progressé et vous voici en qualité de capitaine de route car l’allure pour une sortie de 3h par exemple est devenue une intensité basse, pleinement maitrisée, vous permettant d’utiliser moins de glycogène et plus de lipides. 

En fait, plus notre allure de croisière en endurance s’éloigne de FTP (SV2 ou Functional Threshold Power), moins nos cellules musculaires sont tentées de piocher dans les sucres. Et nous ne sommes pas tous égaux génétiquement et vis-à-vis de notre condition physique. 

La question #4 est un mélange de bioénergétique et de biomécanique : mon coup de pédale est-il économe ? Ma technique est-elle appropriée à une haute ou une basse cadence ? Mon matériel est-il optimisé (développement ou longueur de manivelle) pour avoir un rendement efficace.

Il s’agit tout simplement de s’assurer que le cycliste ou le triathlète ne consomme pas trop de calories pour avancer !! Différentes études ont montré que le choix de cadence pouvait avoir un impact massif sur la consommation énergétique.

Il est donc compliqué d'avoir une démarche d'extrapolation des performances à partir de 2 simples mesures de puissance ou du moins de ne s'enfermer que dans cette démarche. Un test de Coggan autour d'une mesure de CP5 et de CP20 peut être une base de travail qu'on accompagnera d'une analyse fine du Profil de Puissance Record pour obtenir une image à l'instant T la plus réelle possible.

Frédéric HULIN - www.azurperformance.fr

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