Des mauvais chemins, il n’y en a pas…

L’entrainement a toujours évolué selon des modes, des croyances, des découvertes qui sont continuellement remises en cause par la science et le terrain. 

Moi-même, ma manière d’entrainer à grandement évoluer entre mes 20 ans et mes 40 ans aujourd’hui. Je me suis nourri de lectures, d’échanges, d’expériences de terrain et surtout de connaissances du sportif en essayant des choses et en observant le résultat in-situ. 

En accompagnant des étudiants en STAPS, je me suis vite rendu qu’il n’y avait pas de fausses bonnes idées mais des démarches et des réflexions différentes en matière d’entrainement. 

J’ai d’ailleurs fait évoluer ma manière d’évaluer un jeune entraineur lors de ses examens et aujourd’hui, j’accorde presque plus d’importance à l’échange que nous avons pour comprendre ce qu’il a voulu mettre en place. 

Pourquoi avoir choisi cette séance, ce contenu d’entrainement ?

Pourquoi as-tu proposé une séance de course à pied en 30/30 alors qu’on sait que l’impact cardio-vasculaire est limité ?

Les sportifs n’ont pas encore la capacité et la maitrise pour s’imposer des 40/20 ou des 45/15 aujourd’hui. J’ai même commencé des séances en 45’’ de trotting et 1’15 de marche (c’est du vécu). 

Pourquoi fais-tu des 15/15 ou des 20/20 alors que la science dit que ça apporte peu pour développer VO2 max ?

Avec ces intervalles courts, j’ai aussi la possibilité de travailler « musculairement » avec les accélérations et les arrêts répétés ; on sait que le développement de la force améliore aussi le coût énergétique.

Pourquoi cours-tu à 18km/h alors que tu ne coures jamais à cette vitesse en compétition ?

A cette vitesse, j’ai aussi un impact technique sur ma pose de pied que je n’obtiens pas à des vitesses inférieures. D’ailleurs, quelle est l’incidence d’une course à 18 ou à 17km/h sur les pathologies du coureur ? Nous n’en savons rien. 

Nous pourrions tout à fait nous poser les mêmes questions en cyclisme, en trail, en skimo, en natation sur des thèmes très variés. 

Il n’y a pas de mauvaises manières de faire tant qu’on conserve l’obligation de mise en sécurité du sportif : évitons les drop-jumps depuis un mur de 2m de haut….

Il y a des profils de sportifs, des situations, des moments dans la saison où nous faisons des choix stratégiques : en reniant certaines options, on limite les choix possibles sur le terrain et on s’enferme dans un carcan pas toujours adéquat. 

N’oublions pas que l’entrainement est un savant mélange de science et de terrain !

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