Multi-sport: l’entrainement, le lab de vos performances

2020 est une année peu particulière ; après un confinement de 2 mois qui a tenu en haleine les sportifs de compétition, la joie fut intense lors du déconfinement puis la déception grande avec les annulations successives de grandes épreuves.  

Le discours du Ministère des Sports et des fédérations nationales permettant la tenue de compétition est une chose ; la réalité de terrain avec les refus émis par les préfectures en est une autre. 

Heureusement, quelques compétitions se tiennent cet été. Par chez moi, le trail de Megève ou de Frison-Roche ou le triathlon de Lormes ont pu se courir ce WE !

Ceci étant, nombreux sont les sportifs à lâcher la rampe ; il y a quelques jours, c’était une jeune vttiste prometteuse qui mettait sa carrière entre parenthèse, d’autres anticipant leur retraite sportive. 

Il est vrai qu’en ce moment, il faut aimer s’entrainer et pas uniquement mettre un dossard. On rejoint un peu la situation du sportif blessé : la compétition est lointaine, on va juste devoir s’entrainer pour revenir au niveau ou mettre tous les facteurs de la performance au niveau. 

Si pour le compétiteur pur et dur, c’est une période difficile, pour l’entraineur, c’est une période intense pour diverses raisons car le chantier est vaste. 

Nous avons le temps de poser les choses, de faire un travail de fond et les axes de développement sont nombreux :

  • Condition physique : découvrir la préparation physique et maîtriser de nouveaux gestes pour effacer une blessure ou une faiblesse marquée, pour se protéger contre les dégâts de la répétition d’un geste (connus sous le nom mélodieux de tendinites) et bien sûr, pour progresser.

Par exemple, le travail de proprioception est majeur chez le coureur à pied et le triathlète : on évitera ainsi les entorses et on renforcera la qualité de pied. 

Le nageur et le triathlète peut renforcer le haut de son dos (souvent moins fort que les pectoraux) pour éviter les pathologies de l’épaule du nageur. 

Le cycliste ou le vttiste peut développer le haut du corps et sa capacité de gainage car un vélo se pilote aussi (et surtout) avec le tronc et le bassin. 

  • Travail technique : lorsqu’on pratique un sportif d’endurance ou d’ultra-endurance, on veut surtout accumuler des kilomètres mais le revers de la médaille est que la technique est souvent oubliée. Une belle technique évite la blessure et permet une certaine efficience du geste. En somme, nous consommons moins d’énergie par pas, coups de pédale ou mouvements de bras réalisés. 

Par exemple, le nageur ou triathlète doit constamment éprouver sa technique de prise d’eau pour se propulser, le relâchement des bras dans les phases aériennes et sa glisse pour offrir le moins de résistance possible à l’eau. 

Le coureur peut vouloir faire évoluer sa poulaine pour plus de dynamisme : on parlait très souvent du « natural running » il y a encore quelques années et je pense que le retour à des chaussures plus light est une des clés de gains de vitesse marqués sans évolutions physiologiques pures (évolution de Vo2 max). 

Le fait de talonner n’est pas forcément un gage de dynamisme et d’usage du ressort musculaire ; tout le monde ne courra pas comme Mo Farah mais on peut tenter d’adapter la technique à sa propre biomécanique. 

Le cycliste pourra aussi avoir l’impression que son pédalage est optimal mais en étudiant un peu plus le pattern du coup de pédale, on a souvent tous beaucoup à faire. Il y a autant de techniques de pédalage que de cadences, de braquet et de positions de cales sous les chaussures !!

  • Travail mental : on le met aussi souvent de côté même si on nous bassine régulièrement sur l’apport des préparateurs mentaux avec les sportifs de haute performance. Peut-être a-t-on aussi quelques techniques à s’approprier pour être plus stable en compétition. 

L’imagerie mentale est probablement la technique la plus importante lorsque le nombre des compétitions est réduit à la portion congrue !

Pour un triathlète, comment pratiquer des transitions complètes sans compétitions ? 

Listez vos actions à T1 et T2, verbalisez-les puis imaginez-vous en compétition. On pourra avoir recours à cette technique dans le calme de son domicile puis dans un contexte plus déstabilisant. On pourra aussi imaginer la transition parfaite puis imaginer les embuches possibles (se tromper dans l’emplacement de son vélo, dérailler en montant sur la selle, perdre une chaussure à T2…) et surtout comment les résoudre. 

  • Travail sur le matériel : trail, triathlon ou cyclisme sont des sports à matériel. Soyez curieux, testez des nouveautés ou du moins, trouvez des retours éclairés d’utilisateurs. Nos sports évoluent très vite et on peut être largué tout aussi rapidement. 

Bien sûr, selon le niveau de pratique, avoir un Sense 7 à la place de la 8 ne vous fera pas forcément perdre 1h sur un UTMB, avoir une chape de dérailleur d’usine ne vous fera pas rouler moins vite qu’avec des galets over-size et roulements céramiques. Mais lorsqu’on vient chercher une qualification, un record perso ou la victoire, ces « marginal gains » sont cruciaux. 

Je n’aborde pas le travail physique spécifique dans ce texte car, on peut penser (à tort) que mon métier d’entraineur ne se limite qu’à vous proposer des séances pour vous cartonner. 

Or mon travail est aussi de questionner le sportif, rechercher la nouveauté, valider des évolutions avec le sportif et parfois un ou une spécialiste dans un domaine. 

Si nous avons peu de compétitions prochainement, on peut malgré tout trouver beaucoup de chose à tester, évaluer et valider pour les performances de 2021 et trouver de l’intérêt à s’entrainer avec un entraineur !!

Et je suis là pour vous y aider !

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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