PUISSANCE: qu’est-ce que la puissance?

On poursuit cette seconde histoire autour de l'entrainement et notamment d'une donnée très importante en cyclisme ou en triathlon: la puissance.

La définition précise est plutôt méconnue, en réalité. On parle de « la puissance d’un moteur », de la possibilité de repérer des sportifs dopés grâce à « la puissance développée en course » ou des watts instantanés lors d’une retransmission TV mais qu’est-ce qu’une puissance en cyclisme en définitive ?

La puissance est la somme du travail développé sur une période donnée ; elle s’exprime en watts. 

Puissance = Force X Vitesse d’exécution

C’est la force appliquée par les pieds sur vos pédales, multipliée par la cadence. Cela sous-entend qu’il ne suffit pas de rouler avec un braquet important (53-10) pour développer une puissance monstrueuse ; il convient aussi de savoir tourner les jambes[1] [2] !

Une petite observation à apporter : il convient d’avoir une attention particulière à la lecture d’une puissance. Il n’est pas rare de voir des infographies sur nos écrans de TV lors des retransmissions avec, ou des valeurs très faibles pour de vitesses de course hautes, ou des puissances très différentes entre des cyclistes roulants à la même vitesse.

Dans le premier cas, il convient de se rappeler que le cyclisme sur route se pratique en peloton et je faisais appel cet été aux travaux de Bert BLOCKEN[3] tournée vers les dynamiques de pelotons grâce aux analyses numériques : on observe des valeurs très faibles pour les cyclistes idéalement placés dans un peloton et il n’est pas rare d’avoir de fréquentes alternances entre une absence de pédalage et des relances (ce qui n’est pas pour autant une partie de plaisir). 

En triathlon sans drafting, le choix des distances imposées entre chaque concurrent pour éviter le drafting n’est pas anodin afin de conserver un effort proche du contre-la-montre individuel. 

Dans le second cas, la corpulence du cycliste entre en jeu. Pour une même vitesse de déplacement, un cycliste plus lourd développe donc une puissance plus importante : il doit transporter sa masse.  Mettre en comparaison les données obtenues pour couvrir un parcours de 40 km, par exemple, ne sera pertinent qu’en rapportant la puissance au poids de corps.


[1] Graham P. and coll. - Effect of Cadence on Time Trial Performance in Recreational Female Cyclists - Journal od Strength Conditionning Research.

[2] Rønnestad BR and coll. - Effects ofCycling Training at Imposed Low Cadences : A Systematic Review - International Journal of Sports Physiology and Performance.

[3] Bert Blocken - The peloton project, a record CFD simulation.

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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