TRAIL: l’assitance sur un ultra!

Petit retour sur l'UTMB sur laquelle je suivais 2 coureurs, l'un au profil particulier avec 1 entrainement par mois, mon beau-frère, et l'autre avec une préparation personnalisée, Ludovic Camus.
Pour l'un, l'objectif était de finir, pour l'autre, s'approcher des 35h. 

Au-delà de tout ce qu'il se passe en amont avec un plan d'entrainement, de la préparation physique, des courses de préparation...il y a aussi ce qui se passe pendant la course avec l'assitance.

Sur l'UTMB, ce registre est assez stricte (en comparaison avec le Grand Raid de la Réunion où tout est permis ou presque): certains ravitaillements permettent une assitance personnelle mais pas tous (Les Chapieux pa exemple).

Pour mettre le coureur dans le confort (ce sera le seul moment de confort), l'assistance doit être organisée en amont:
- définir des horaires de passages (le tracker peut parfois se tromper très largement) pour arriver avant le coureur,

- définir le véhicule utilisé: on évite la Smart et on préfère le Monospace, ou choix très personnel, le pick-up pour pouvoir se garer n'importe où!

- définir les attentes probables en terme de vêtements, de nourriture, de soins: si on définit une tenue selon la météo ou le segment de course traversé, on l'isole dans un sac sur lequel on note "tenue pluie", "tenue soleil", "tenue Col Ferret".

Il en va de même avec la nourriture qui sera mis dans le sac: on définit à l'avance ce qui sera pris et tout est empaqueté selon le ravito. 
Ainsi, on ne sort que ce qui est nécessaire.
On conserve toujours un petit stock rapidement accessible si le coureur a une envie particulière imprévue. 
D'ailleurs, en terme de nourriture, il ya l'idéal pour un organisme bouclant 160kms autour d'une montagne et il y a ce qui fait envie: le pain au chocolat, le RedBull, le jambon cru. Nutritionnellement à jeter mais mentalement, indispensable!

- en tant qu'assistant, être attentif à tout: la météo qui change, des bidons encore trop remplis en rentrant au ravito, signe que le coureur a peu bu,.... Ainsi, vous pourrez assister de manière pertinente le coureur: l'inciter à boire plus, à se changer, à prendre le temps pour récupérer ou à ne pas trainer par rapport à une barrière horaire.

En tant qu'assistant, on devient un peu compétiteur aussi et une expérience du trail et de la montagne devient une arme précieuse pour anticiper les besoins et les envies du coureur: moi-même, je vérifie que les chaussures ne sont pas humides et propose de nouvelles chaussettes même si le coureur n'en ressent pas le besoin; je dégaine la crême solaire; je rappelle de manière factuelle ce qui attend le coureur (kilomètrage, D+, type de terrain); je rappelle des banalités qu'on oublie (sois régulier, pense à boire toutes les 10-15', mange au sommet, il y a du vent au sommet, met ta veste...).

On devient une vraie mère poule!!

Vous apprendrez aussi à masser, à soigner les pieds endoloris au point que vous ne supporterez plus l'odeur de la Nok, à faire office d'oreiller....

Au final, le beau frère termine le tour de la colline mais depuis, j'ai du installer un monte-escalier chez moi et Ludovic rate de peu le temps visé mais la performance est superbe!!
Et moi, j'ai dormi 4h en 2 jours!!

Frédéric HURLIN - www.azurperformance.fr

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