Trail: le romantisme versus la réalité du coureur

Suite à la conférence trail que j’ai eu le plaisir d’animer avec Pascal BALDUCCI et en compagnie des trailers de haut niveau, je me permets un petit retour à froid (je sais je suis lent à la détente) car il s’agissait d’une opposition involontaire entre la pratique parfois romantique du trail et l’encadrement “carré” du sportif tel que je le conçois. 
J’entends bien qu’il faut adapter son entraînement à ses envies et ses besoins. On ne peux pas toujours vouloir se mettre minable durant l’hiver.
Tout le monde n’a pas les mêmes disponibilités de pratique mais la préparation physique, le gainage ou la proprioception sont des choses que je mets régulièrement en place avec des sportifs de tous niveaux dont certains travaillent souvent plus de 35h. Faire du gainage ou de la proprioception ne prends que 4-5’ à la fin d’une séance, penser à manger à la fin d’une séance n’est qu’une affaire d’organisation pour ne pas oublier.

Tout le monde ne peux baser sa saison sportive sur des qualités naturelles et un volume important. Un volume important renforcera probablement les chevilles sur le terrains, donnera des capacités de gainage importante avec tous les déséquilibres que nous connaissons en courant.
Or ce mode de fonctionnement est très limité : peut être 1 % des pratiquants donc pas la majorité.
N’étant pas trailer de nature (je suis gymnaste puis triathlète), je découvre peu à peu le côté contemplatif du trailer, qui va gambader dans la montagne ; pour ma part, je viens de sports à la pointe en matière d’entraînement et où la pratique à la cool ne fait pas long feu.
D’ailleurs, dans le domaine du trail, elle ne fera pas non plus long feu dans les années à venir lorsque les sportifs d’endurance olympiques arriveront avec leurs acquis passés et leur entraînement cadré. Ces athlètes laissent moins de place au freestyle et de la même manière que Marco Olmo a reculé dans les classement à l’arrivée de Kilian Jornet, les trailers quarantenaires reculeront aussi ou feront des coups d’éclat sur des courses de seconde zone en ne jouant que sur leur talent.
L’entrainement de performance demande un sérieux, un accompagnement ; ne pas avoir rapidement un soin par un kiné, un ostéo ou un médecin du sport est une faute si on recherche la performance. Ne pas avoir une personne ressource pour optimiser son alimentation et ne pas zapper sa collation de récupération est une faute.
Vouloir tout baser sur le plaisir de la pratique car du plaisir découle la performance est une utopie réalisable par quelques exceptions de la nature : le trail peut être dur mais l’entraînement est plus dur encore pour 99,9 % des partants.