Véritable altitude ou altitude simulée: le dilemne!

Une expérience malheureuse avec une alpiniste me fait dire qu'il faudrait rappeler les bases de l'entrainement en salle hypoxique pour éviter aux légendes urbaines de prendre le pas sur la réalité de terrain!

1- 2 Options:

Pour l’entraînement en altitude, le sportif dispose de 2 options :
  • l'altitude réelle, c’est-à-dire un tour dans les alpages,
  • la tente ou la pièce hypoxique.
Une pièce hypoxique présente un dispositif abaissant la quantité d'oxygène disponible en augmentant la fraction d'azote respirée ; mais le sportif sera dans une situation de pression atmosphérique identique à la vie en plaine et on sait que cette dernière donnée est cruciale.
Plus rare et plus complexe à mettre en œuvre, une pièce hypobare permet de reproduire les conditions d'altitude réelles avec une baisse de la pression atmosphérique pour positionner le corps dans les mêmes difficultés de captation de l'oxygène qu’en montagne.

Séance d'entrainement pour les cyclistes

2- Quelles démarches fonctionnent?

Les recherches sur l'impact de ces outils sur celui de la performance ont identifié des réponses de l'organisme différentes entre l'altitude réelle et simulée :
  • L'altitude réelle ou l’utilisation de pièce hypobare engendrent des réponses plus importantes sur la ventilation que l’hypoxie normobare (sans changement de la pression atmosphérique).
Mais :
  • La réduction des fluides corporelles (déshydratation) semble plus importante en altitude réelle.
  • Le risque de contracter le Mal Aiguë des Montagnes est plus important.
L'altitude réelle garde donc un temps d'avance sur l'altitude simulée mais les risques sont plus marqués en cas de Mal des Montagnes pour s’entraîner.
L’accès à une salle hypoxique hypobare est quasiment impossible, du moins en France.
L’utilisation d’une pièce hypoxique normobare est donc une solution alternative soit sous forme de pièce d’exercices (Les Saisies, Font Romeu), soit sous forme de pièce à vivre (Prémanon).
Ces équipements ont un intérêt sur la performance mais il n'y aura d'adaptations à long terme qu’avec des expositions prolongées à l’hypoxie ; la situation du Centre National de Ski Nordique proposant un chalet d’habitation est intéressante (on y reste plus de 20 heures par jour, on ne sort que pour d’entraîner).
L’utilisation d’une pièce d’entrainement en hypoxie, quant à elle, devra donc être associée à une présence en altitude réelle pour avoir un temps de présence en altitude important sur des durées de 14 à 21 jours. Ainsi, le sportif a le temps de poser les bases de son entraînement sans avoir l’envie irrepressible de forcer l’allure ce qui serait contre-productif.

Aux Saisies, nous pouvons monter jusqu'à 5400m

3- Se préparer à l’altitude:

Vouloir utiliser une salle hypoxique pour se préparer à une ascension (ou une épreuve sportive en altitude) peut être bénéfique mais elle doit s’inscrire dans un planning d’entraînement à moyen terme.
On ne peut vouloir s’entrainer comme on utiliserait des nuits en refuge pour s’acclimater au dernier moment: l’utilisation d’une salle d’exercice hypoxique ne permet pas l’acclimatation de l’organisme à une absorption de l’oxygène moindre mais permet d’obtenir des entraînements avec un ressentit identique qu’en haute altitude. Ainsi, on va créer des schémas d’adaptation à l’effort pour ne pas finir rôti trop rapidement.
L’association à une présence en station permet d’obtenir le facteur “acclimatation” et donc le combo parfait!

Conclusion:

Se préparer à une ascension, à une compétition en altitude (Tri de l’Alpe d’Huez, High Trail Vanoise) peut passer par l’utilisation d’une salle hypoxique mais sera nécessairement couplée à des séances de sports en altitude réelle; ce que nous faisons aux Saisies situées à une altitude de 1600 à 1900m.
Il faut intégrer dés le début cette démarche et ne pas vouloir sortir du chapeau ce booster de performance car mal utilisé, sans délai de récupération suffisant, on obtient de mauvais résultats.
Pour vous organiser un stage en altitude: azurperf@yahoo.fr .

Laisser un commentaire